3.05.2015

Chappie


Film très attendu, avec beaucoup d'appréhension au vu de l'impression que m'avait laissé Elysium. De plus, le thème me tient vraiment à coeur. Vous savez, les robots, la technologie, l'ia, voilà quoi. Et je trouve clairement que ce film est le plus réussi qu'il ait fait. Il m'a émue, j'ai eu des frissons partout rien qu'à la vue de certaines images. Il y a un univers, autant graphique que musical, qui est bien à lui. On reconnait très bien ses designs de robot, j'avoue les avoir toujours bien aimé. Chappie, avec tous ses côtés humains a vraiment une "forme" de robot (dans l'aspect carré, pas de nez, pas vraiment de bouche non plus). Je vais placer un peu le truc : en 2016, des droïdes servent de policier à Johannesburg. Le créateur de ces robots veut mettre au point une intelligence artificielle. En soi, c'est assez simple, même si on a là un aspect qu'on voit assez rarement, qui est le fait que Chappie était attendu et désiré par son créateur. Comparé à Johnny five, Edgard (Electric dreams) ou autres films, l'état de conscience de la machine est le résultat d'un accident seulement. Le robot apprend de manière exponentielle et passe par différents stades sans qu'on ait à nous le montrer à tout bout de champ (il apprend à dire "je" au lieu de son prénom en début de phrase). Et son apprentissage se termine par le mensonge, chose qui définit bien l'espèce humaine. Le robot n'est pas ici placé comme miroir de l'humain mais bien comme espèce à part entière qui a un point de vue sur notre monde. Et finalement, c'est aussi pour ça que c'est le personnage auquel je m'attache le plus. Toujours un peu perdu et émerveillé, mais si souvent déçu. Et c'est très fort de nous faire ressentir autant de pitié ou de tristesse pour ce qui est une machine, un morceau de ferraille. Il évolue d'ailleurs beaucoup dans sa posture aussi, qui donne vraiment cette impression de changement. L'éducation de ceux qui l'entourent le forme tel qu'il est et chaque étape le sépare plus (tant visuellement qu'intellectuellement) des robots policiers. Car il n'y a pas que Deon, qui a un rapport très terre à terre avec Chappie, qui fait partie de son entourage. Il y a aussi trois paumés qui se sont foutus dans la merde et comptaient sur Deon pour les en sortir (je résume vraiment beaucoup là) et se sont retrouvés avec un robot sur les bras. Yolanda se place très vite comme la mère, comme celle qui aime mais aussi comme celle qui comprend le mieux la nature de Chappie et qui l'incite vraiment à n'écouter ni Deon ni Ninja. En effet, ces deux "figures paternelles" s'arrachent l'autorité et lui apprennent des choses radicalement opposées. Si Deon est un personnage qui reste assez similaire le long du film, Ninja le robot le change vraiment dans ses attitudes (l'attachement à Chappie se fait au fur et à mesure). Ceux que j'appelle les paumés ou les "kékés gangsta" donnent un sacré charme au film. Ce sont des gens marginaux autant dans leur style que dans leur manière de vivre. Il s'agit d'ailleurs du groupe Die Antwoord, dont on retrouve la musique tout au long du film (partagée avec Hans Zimmer, qui signe encore un truc plutôt sympa) mais aussi l'univers graphique (dessins sur les murs, tenues vestimentaires, etc). Je les trouve très attachants, alors que c'est typiquement le genre de personnages qui me ferait plus rire qu'autre chose. C'est dans leur monde qu'on se retrouve le plus au long du film. Seul le personnage de Hugh Jackman est vraiment sous exploité, vu qu'il s'agit de la némésis (et du concurrent de Deon), représenté ici comme un ancien militaire "plutôt" croyant et qui s'oppose radicalement à l'intelligence artificielle. Si les autres personnages sont un peu plus, lui n'est défini que par sa qualité de méchant. Et la branlée qu'il se prend donne une scène au demeurant très drôle tellement le décalage entre ce qui est dit et ce qui est montré à l'écran est grand. Il ajoute quand même une bonne dose de paf-paf boum boum gérée comme il faut. Car comme on s'en doute, les effets spéciaux sont vraiment magnifiques et bien foutus et surtout d'un photoréalisme assez cool (on se permet même des ralentis pour nous laisser admirer).
La fin est le plus happy end de ses films, vu que tout le monde s'en sort et que ça découle sur quelque chose de positif pour l'humanité. L'intérêt de ces scènes, c'est que Chappie passe créature à créateur et permet à Deon de pouvoir vivre dans le corps d'un droïde (oh le spoil !). En bref, pour tout ça (et aussi pour les petites apparitions de Sigourney) je vous incite vraiment à aller voir ce film.
Je vous laisse d'ailleurs avec le générique de fin.

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