3.12.2015

The Voices


Dernier film de la réalisatrice de Persepolis, animé autobiographique ; elle nous présente un bon petit délire avec The voices (à ne pas confondre avec l'émission de télévision hein...). Après avoir vu la bande annonce, je m'attendais à voir une comédie assez décalée (type d'humour à la Shaun of the dead) mais il s'avère que le film m'a plutôt mise mal à l'aise. Il y a bien un décalage omniprésent, car notre petit bonhomme qui parle à ses animaux et qui voit des papillons autour de lui est en fait malade. On découvre peu à peu que sa vision du monde est due au refus du traitement donné par son psychiatre, et le retour à la réalité est assez dur. Si le personnage est assez attachant, il peut être véritablement angoissant quand il commence à péter les plombs ou tout simplement quand il ne comprend ni les tenants ni les aboutissants de ce qui se passe autour de lui. Ce qui rend le tout, en plus d'être angoissant, assez triste. Le tout donne lieu à des gags et quiproquo vraiment drôles mais qui n'ont pas réussi à contrebalancer le malaise que j'ai ressenti à certains passages. On se met souvent à la place de ceux qui comprennent que quelque chose ne tourne pas rond et pire encore, à la place de ce mec, conscient qu'il est fou. Le film n'est pas si gore mais suggère pas mal de trucs assez crades (la découpe du cadavre et la répartition des morceaux dans différents tupperware, la tête qui reste au frigo...). On apprend assez vite que les animaux ne sont que ses propres voix intérieures : le chat l'incite à suivre ses pulsions tandis que le chien représente la dernière partie de lui qui a encore les pieds sur terre. Ce qui est amusant, c'est aussi que toutes les voix d'animaux ont été doublées par l'acteur lui même. Et il n'y a qu'une seule fois où on voit Jerry avec ses trois voix : quand il arrête de prendre son traitement et qu'on aperçoit à travers ses yeux le monde tel qu'il est. On dépeint donc avec humour un sujet assez lourd d'un cas psychiatrique plutôt avancé. Le personnage du psychiatre est d'ailleurs vraiment sympathique et surtout apporte à la fois le message et la morale du film : tout le monde entend des fois et il faut apprendre à gérer avec et ne pas forcément les écouter. Elle est présente pour lui, elle écoute et veut vraiment l'aider (et précise bien lors de la fin qu'il est malade et qu'il ne faut pas lui faire de mal). Le film se termine, comme on peut s'en douter, avec la fin définitive de Jerry qui préfère se laisser mourir plutôt que d'être en fuite ou être arrêté. C'est aussi ça qui me met mal à l'aise : Jerry est toujours conscient de ce qu'il fait, ce qu'il est et surtout les questions qu'il se pose. Au final, je préfère avoir vu un film avec un discours intéressant qu'une comédie que j'attendais plutôt niaise. C'était une très bonne surprise, qui se détache beaucoup de tout ce qui se fait maintenant. Dommage que la salle dans laquelle je me trouvais était absolument insupportable.

1 commentaire:

Morgane Blgt a dit…

J'ai adoré ce film !!! Et en effet, tout comme toi j'ai ressenti de gros moments de malaise. Mais l'ensemble est vraiment prenant !

Morgane.