Un peu de courage pour rédiger un petit quelque chose de sympa. Comme j'ai un rythme moins régulier, je vais essayer de faire tout ça bien. Je ne cherche pas trop le temps non plus. En effet, entre mon vingt heures par semaine au McDo ainsi que l'école, je privilégie mon temps libre pour bouquiner ou regarder des films.
Et je vais commencer par Prisoners, que j'ai vu il y a déjà une semaine mais qui demeure assez frais dans ma tête (contrairement à un film comme Players dont j'ai au final complètement oublié de vous parler tellement il est ... anodin). Et c'est typiquement le genre de film qui commence super bien mais qui a une fin en eau de boudin. Un énième film sur des enlèvements d'enfants, mais qui a cette capacité à tout traiter de manière réaliste sans être mièvre. On est pas dans le voyeurisme d'une famille qui se déchire.
L'action se déroule sur un laps de temps assez court (à peu près une semaine) pendant laquelle on observe la situation se dégrader au fur et à mesure de manière intestine. Le personnage le plus développé est celui d'un homme qui croit dur comme fer en la justice par soi même et qui est prêt à tout pour retrouver sa fille. Il est celui pour qui on ressent à la fois de l'empathie et un certain rejet à cause de sa manière radicale d'agir. Ce même penchant provoque ces deux réactions parce qu'au final, qui n'en viendrait pas à ses extrêmes pour retrouver son enfant ?
L'autre personnage, c'est celui du détective, joué par un acteur que j'aime bien mais qui, au final, n'a jamais fait un seul film que j'ai considéré comme vraiment marquant. Bien que son personnage soit vraiment bien foutu et crédible (surtout son tic des yeux qui n'est pas utilisé à outrance), c'est quelqu'un avec qui je reste à distance. Malgré le fait qu'on essaie de le faire sortir du lot, il ne demeure qu'un flic et c'est un peu dommage. Sans compter qu'il n'est pas le fil conducteur du film, mais seulement l'aspect officiel d'une enquête qui patauge dans la semoule pendant une bonne partie du smilblick.
Mais au final, le personnage que je crois avoir préféré, c'est celui de cet handicapé dans son camping car. Ses expressions, son attitude, tout pousse à croire qu'il est le coupable, mais en même temps, on est tout à fait conscient que ça ne peut pas être lui. Il met mal à l'aise quand on le voit. Je dirais que ce que j'ai le plus retenu, ce sont justement les personnages. Parce qu'au final tout se déroule dans une petite ville assez morne, où il fait assez moche. Comme si cela avait pu se passer dans n'importe quelle ville.
Malheureusement, là où le bât blesse, c'est quand on découvre le véritable kidnappeur et surtout... ses intentions. Je ne veux pas gâcher la fin du film à ceux qui désireraient le voir. C'est un prétexte, une espèce de fausse raison à laquelle on ne croit pas une seconde... Pour moi ça n'est même pas du pourquoi du comment du film, mais simplement un moyen de caser un vilain très vilain qui soit disant croit en quelque chose et que c'est bel et bien pour cela qu'il agit. Ne donnons pas d'excuse à des gens pour être ce qu'ils sont : simplement à côté de la plaque (la fin du film comme les gens qui enlèvent des enfants).
Après cette semi déception, parlons de Au bonheur des Ogres, adaptation d'un roman de Daniel Pennac, que je n'ai pas lu ! La bande annonce, que j'avais vu plusieurs fois, m'avait donné très envie d'aller le voir, malgré mon certain rejet pour les films français. Celui ci est beau, décalé, bien joué, irréel et bien pensé. Rien que cela ! Je dirais que c'est mon dernier coup de coeur, justement parce qu'il casse un peu cette idée du mélodrame français où on s'emmerde. En fait, si je devais décrire le film en un seul mot, je dirais "charmant". Le personnage principal et son petit côté trop bon trop con qui est complètement en décalage avec le milieu dans lequel il travaille. Car son boulot, c'est d'être bouc émissaire dans un centre commercial : il se fait engueuler pour dissuader les clients de porter plainte contre le magasin. La situation est déjà loufoque en soi. Mais cela se mêle avec d'autres petites intrigues : ses frères et soeurs desquels il s'occupe, sa petite histoire d'amour mais aussi et surtout des morts et des enlèvements ! Tout s'enchaîne de manière très rythmée, on a pas le temps de souffler entre toutes les péripéties ou plutôt les emmerdes entre lesquelles il tente de jongler. Les décors sont superbes, autant le centre commercial (avec ses tonnes de placement de produit) que l'appartement dans lequel il vit. J'avais lu dans une critique que tout ceci était crédible, réaliste, mais avait ce petit truc qui nous disait "ah, ça ne peut pas être vrai". Et je suis assez d'accord. Un petit aspect conte, rêve, un monde autre. Je pense que je retournerais le voir, pour ses dialogues percutants et les bons moments de franche rigolade.
Pour une fois qu'il y a un bon film français, allez le voir. Le seul défaut que j'y vois c'est la 3d dégueulasse d'une girafe. Et oui. Mais ça vaut le coup hein, même s'il y a une girafe.
Fahrenheit 451 n'est pas un film mais un livre de Bradbury. Une dystopie culte qui a connu plusieurs adaptations. Pour en faire un résumé "un monde où on brûle les livres". Le métier des pompiers a bien changé dans ce bouquin, tout simplement parce que ce sont eux qui allument les incendies, pour lutter contre la culture, pour lutter contre les livres. La société dans laquelle ils évoluent est du tout immédiat, court, rapide, un peu comme notre monde actuel où on veut tout assimiler rapidement, rejoindre un point b plus rapidement, etc. Il fait partie de ces bouquins qui demeurent et seront toujours actuels. Et c'est vrai que je suis dans une tranche d'âge où les gens lisent au final assez peu (mis à part Harry Potter et Le trône de fer, évidemment) et où les formats courts de youtube sont plus regardés que la télé... Humm oui, ça me semble assez similaire. Mais je suis là pour parler de ce très court roman, qu'on pourrait qualifier d'initiation (le personnage évolue, se rend compte de quelque chose et se transforme), le parcours d'un homme qui s'éveille et qui se détache du moule qu'on lui impose. Il se pose des questions et nous les pose par la même occasion. Ce n'est pas seulement pour cela que je l'ai bien aimé mais surtout parce que son personnage m'a vraiment touché, dans son rapport au monde mais surtout son rapport aux autres. Si vous ne l'avez pas lu... Et bien je vous conseille de le faire)