Je me remets un peu dans le bain et à un meilleur rythme (parce que deux séances ciné sont passées à la trappe, quand même) et je vais donner mon avis sur Vice Versa, que je suis allée voir hier. L'idée même du film était séduisante, tout en rappelant ce fameux sketche de François Pérusse : le cerveau. On nous raconte donc l'histoire d'une jeune fille de onze ans et des petites voix qui se trouvent dans sa tête. Chacun représente une émotion primaire : la joie, la tristesse, la colère, la peur et le dégoût. Chacun d'entre eux est très attachant, y compris Tristesse qui pourtant enchaîne gaffes sur gaffes. Le reste du monde dans lequel ils évoluent est un superbe délire visuel où toutes les parties de notre "for intérieur" sont représentés avec brio. Les îles qui représentent un trait de caractère au subconscient caché derrière deux grandes portes mais aussi au fonctionnement des rêves (une grande scène de n'importe quoi mais finalement très proche de ce qui peut se passer dans nos têtes), tout est bien pensé et cohérent. De même, la console utilisée par les émotions est plus complexe au fur et à mesure que Riley grandit (on peut faire plus de choses.C'est un petit monde qui fonctionnait bien mais qui déraille suite à un événement qui, en effet, change beaucoup de choses dans la tête d'une fille de 11 ans : un déménagement (nan, j'ai pas du tout déménagé à cet âge là). La déception de la maison qui ne lui plait pas, ses parents stressés, etc. Mais aussi dans un âge où les émotions commencent à devenir plus complexe et où il arrive qu'on se perde. Le film nous montre autant une période de transition dans la vie de cette petite fille que dans les postes des petits bonhommes qui se battent dans sa tête. Le fait que la tristesse n'est pas une émotion seulement négative et sans aucune utilité.
Je trouve le film beaucoup plus touchant dans ce qu'il raconte dans "la vie réelle" que dans le monde merveilleux du cerveau de Riley. Joie est surtout une maniaque de l'autorité qui veut tout contrôler et refuse de laisser la place aux autres, ce qui la mène à un périple qui lui fera comprendre qu'elle a tord. Ses phases de narration sont d'ailleurs assez longues et parfois à vide (ou juste pour nous montrer du beau, sans véritable avancée de l'histoire). Pendant ce temps là, Riley est vraiment confrontée à elle même et à une situation qu'elle n'arrive pas/plus à gérer et qui fait que son monde s'effondre (aussi bien intérieurement qu'autour d'elle) et qu'elle est vraiment amenée à changer radicalement. J'ai presque bien failli verser une petite larmichette, mais elle n'aura pas réussi à sortir.
En bref, allez le voir. C'est beau, c'est poétique, bien raconté, bien animé. Il n'est pas exempt de défauts mais il vaut plus que le coup d'oeil.

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