8.12.2013

American nightmare

Je l'ai vu il y a deux jours mais j'ai oublié d'en parler. Il s'agit d'American nightmare, mais j'étais tellement énervée en sortant de la salle que je n'avais pas trop envie d'en parler sur le coup. Pourquoi ? Parce que la salle était pleine de ces ados attardés qui veulent se flanquer une pseudo-frousse en allant voir un film d'horreur. Ils gloussent, ils parlent, ils font comme s'ils étaient dans leur propre salon sans penser à ceux qui sont à côté. C'est un comportement que je ne tolère vraiment pas au cinéma, parce que c'est un putain de manque de respect. Ces gens là ne sont pas les seuls à payer. Surtout que du coup, ils n'ont rien vu et par la même occasion rien compris du film au vu des "hey il s'est passé quoi" que j'ai du entendre une bonne vingtaine de fois. Et qui me traitent de pétasse quand je leur demande de la fermer. Bref.
Mis à part ces détails plus terrifiants que le film, il faut parler de ce que j'ai pu voir à l'écran. Je pense que l'ambiance ayant déjà été bien gâchée par ce qu'on appellera le "public", je n'ai quand même pas flippé ni sursauté. Le film fait peur plus par son principe que par ce qu'il montre. Le film n'est pas trop gore et montre plus des interractions humaines face à une situation de crise que du meurtre irréfléchi. Parce que oui, j'ai trouvé l'idée bien pensée. Ca me donne la même impression que Battle royale, parce que ça nous semble stupide qu'on puisse adopter une loi aussi grave mais qui, si ça arriverait ferait qu'on serait bien dans la merde. Puisqu'il s'agit là d'une nuit où tout crime est dépénalisé (pas de flics et pas de services d'urgence, sinon ça serait trop facile). L'événement est appelé la purge et permettrait, en plus de faire ressortir les pulsions (et donc baisser le taux de criminalité le reste de l'année) de "nettoyer" (et là c'est flippant) le pays de ses éléments les plus faibles. Ce qui fait peur dans ce film c'est donc ça, c'est cette idée et les convictions des personnages qui sont tout aussi crainteuses. On a choisi de nous mettre avec une famille friquée, dans une maison. On ne vit donc la purge qu'avec ce point de vue de ces personnes qui se pensaient intouchables grâce à leur système de sécurité. C'est un choix, je me demande quand même à quoi aurait ressemblé le film si on s'était mis dans la rue. Un peu comme avec Melancholia, on choisit un huis clos mais avec des gens qui ne sont pas du tout représentatifs du public qui les regarde. Du coup je me sens assez distante des personnages. Au passage les "parents" sont deux acteurs que j'apprécie et qui se retrouvent bien dans leur rôle. Mais il n'y en a qu'un seul qui évolue vraiment et qu'une situation comme celle ci, où on force sa maison, où on veut tuer sa famille, qui se transforme. Qui passe du camp des victimes à celui de bourreau. C'est du coup le seul qu'on oublie pas de par son comportement, puisqu'il est le seul à être mitigé. Les autres sont tout blancs ou tout noir. Mais je n'oublierais pas la tronche du psychopathe qui se pointe devant la baraque et qui s'adresse visage découvert aux personnes qu'il veut tuer.
Il y a quelques retournements de situation mais on s'en doute à chaque fois, donc je dirais que ça reste un film sans surprise, même s'il est plutôt bien filmé. La toute fin c'est de l'eau de boudin par contre mais je ne vais rien dire.