Un film très attendu, trop attendu et dont j'ai eu du mal à éviter le tapage médiatique : Pacific rim. C'était un film que tout le monde attendait au tournant, dont moi, même si je n'ai pas voulu me gaver de trailers pour être déçue par la suite (bah oui les gens, quand on regarde trente six mille fois la même vidéo avant de voir le film, on s'imagine le truc et après on est hyper déçus, alors stop). Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mis à part un film de méchas et d'extra terrestres avec une esthétique assez proche des mangas que je lisais au collège comme Evangelion. Et franchement, c'est une réussite. Car c'est un film qui a de multiples références bien visibles mais qui ne tombe pas dans le plagiat : c'est vraiment un hommage à tous ces films de monstres et aux mangas méchas, le tout avec une dimension épique et gargantuesque. Il y a une telle beauté de la machine, des robots et des scènes qui relèvent vraiment de ce qu'on appelle le sublime (un truc tellement énorme que ça nous coupe le souffle, parce que ça nous fout un peu les boules en même temps, pour faire court) : des combats dans des villes, des humains minuscules et désemparés. Si on compare au peu que j'ai vu de Transformers, on a pas du tout le même traitement de l'objet robot, ici il est magnifié et son seul intérêt ne réside pas dans des mouvement tarabiscornus et impossibles. On peut d'ailleurs noter à quel point la mécanique est hyper bien pensée quand la caméra s'attarde sur un détail (comme la cheville pendant à peine dix secondes). Ces robots, quand je les vois, j'ai des étoiles dans les yeux et je voudrais y croire. L'animation et la 3d est vraiment impeccable, tant pour les machines que les monstres, qui évoquent celui de Cloverfield (en plus net, parce qu'on les voit vraiment et en gros plan). Les scènes d'action sont vraiment bien foutus et les combats épiques : la métropole détruite par les mastodontes, les lumières de la nuit, la pluie qui coule à flots... C'est beau à regarder. Mais le film ne se limite pas à ça (et c'est ce qui me faisait surtout peur avant d'aller le voir), car il y a des scènes qui ne font même pas penser à un blockbuster : des scènes de souvenirs, d'émotion, un regard personnel sur le monde qu'on nous présente. Je pense tout particulièrement au souvenir de Mako, qui retourne en enfance, face à sa peur la plus grande, une peur réelle et à la fois irréelle quand on la voit filmée de cette manière. Si le personnage principal reste un peu en arrière (il m'arrivait même de le confondre physiquement avec un autre), la plupart des autres ont une vraie profondeur, des ambitions et des émotions qui ne semblent pas aussi factices que dans la majeure partie des films de ce genre. Mako, le général et le père du petit con (pardonnez mon manque de mémoire des prénoms) sont ceux qui m'ont le plus marqué dans leur attitude, leurs interractions etc. Ce sont de "beaux" personnages.
Même si Pacific rim ne coupe pas au happy end, et à un scénario qui finalement n'est pas si inattendu, il a une manière de filmer la chose beaucoup plus personnelle et donne autant aux monstres qu'aux machines une consistance qu'au final, seuls les japonais avaient pu offrir jusqu'à maintenant. Et c'est un bel hommage, tant aux Evangelion qu'aux Godzilla. Il vaut vraiment le détour, il est beau, et on ne voit pas les deux heures passer. J'ai aussi eu cette impression de repartir 6 ou 7 ans en arrière et ça ne fait jamais de mal