Comme je le disais, je suis allée voir le dernier film de Wong Kar Wai, The grandmaster, soit encore un film sur Ip man, une grande figure de l'histoire des arts martiaux. Au début, je pensais que le film serait vraiment centré sur lui et en réalité, pas tant que ça, on aborde plutôt la vie d'une femme de sa connaissance qui se trouve dans une situation relativement clichée : sauver son honneur ou continuer sa vie et choisir de passer "au dessus de ça". C'est un personnage très fort, tant par ses actes que par sa présence (même si je ne la trouve pas particulièrement jolie). C'est vrai que dans les films asiatiques on a pas autant cette image de la femme comme créature fragile et à protéger. Bref. Abordons maintenant le côté essentiel d'un film d'art martiaux : les chorégraphies. Déjà, on sent qu'ils ont des moyens et que tout l'aspect cheap et série B que l'on donne aux films d'art martiaux n'est pas présent. On a des scènes en slow motion, des effets spéciaux qui ressemblent à quelque chose (ce qui n'est pas le cas pour la majeure partie des films chinois)... Le tout avec des chorégraphies que j'ai trouvé vraiment esthétiques. Chacun des personnages est vraiment défini par son style. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la scène, très sensuelle, du combat entre Ip et cette femme. On a toute l'esthétique du kung fu et on sent que les mecs sont vraiment à fond dans leur truc : les coups ne semblent pas si faux que ça, et je pense que c'est ce qui me permet de rentrer dedans. Oui parce que pour ceux qui ne savent pas, j'ai pratiqué pendant six ans, des arts martiaux vietnamiens. Si on se perd un peu dans l'histoire de ces trois personnages en ayant l'impression de n'aller nulle part, toute l'esthétique rattrape et on peut juste apprécier une photographie vraiment superbe et une musique très belle bien qu'à la limite du déprimant.
Et ce soir, après le boulot, je suis allée voir The promised land, le dernier Gus van Stan. J'avais vu un de ses films lors d'un des cours que j'avais à la fac et j'avais vraiment bien aimé. Paranoid park, je pense que ce nom doit dire quelque chose à peu près à tout le monde. En fait, faut pas que j'évoque celui ci parce que ce film n'a tout simplement rien à voir. Ici c'est un film très engagé au sujet du gaz de schiste et de la manière dont les compagnies persuadent les villes rurales de les laisser forer sur leurs terres. Pour tout dire, j'aime pas la gueule de Matt Damon, il fait partie de ces acteurs que je ne peux pas voir en peinture (comme Nicolas Cage, Mel Gibson et quelques autres) mais il joue quand même bien dans celui ci, je ne vais pas le cacher. Malgré un rythme assez lent, je me suis laissée prendre au jeu du "que va t il se passer" et tout particulièrement du choix final face à un retournement de situation dont je me doutais quelque peu. On a une image de l'amérique pure et profonde : les bons gros campagnards rustres qui picolent et qui écoutent de la country en portant une salopette. Toute l'action se passe dans cet unique village, c'est comme un film exemple de la démarche des compagnies et des réactions des habitants. C'est dans ce sens là que ça peut être intéressant. Pour ce qui est du côté divertissant qu'ils ont voulu ajouter, tout particulièrement par les deux rôles féminins secondaires, j'avoue que c'est pas top. Si la collègue a une certaine classe et est plutôt dégourdie, consciente de ses actes... La pimbêche de service elle, était purement là pour le quota de nyan nyan de l'histoire. Ce qui fait que la fin est plutôt "michel" qu'autre chose. Sur un film qui partait sur une base assez réaliste, ça finit en eau de boudin.
Et pour clore tout ça, je vous laisse avec un morceau de film que j'apprécie toujours autant (d'un film qu'il faut vraiment avoir vu malgré)